Tarifs américains : Susan Holt hésite à brandir la menace de l’électricité
À l’image de son homologue de l’Ontario, la première ministre du Nouveau-Brunswick pourrait utiliser l’électricité comme un levier puissant dans la guerre commerciale qui oppose le Canada et les États-Unis. Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a annoncé qu'une surtaxe de 10 $ par mégawattheure est désormais en vigueur sur les exportations d'électricité de sa province vers les États-Unis. Photo : La Presse canadienne / Chris Young Or, si l’Ontarien Doug Forda imposé puis suspendu des tarifs de 25 % sur les exportations d’électricité vers les États-Unis, en réponse aux droits de douane de Donald Trump, Susan Holt, elle, semble éviter une solution douloureuse, mais potentiellement plus efficace. En effet, dans le nord et l’est de l’État du Maine, frontalier du Nouveau-Brunswick, 58 000 personnes dépendent de l’électricité d’Énergie NB. La population n’est pas connectée au réseau électrique régional du sud de l'État. Bill Harwood, un ancien défenseur public qui a représenté des résidents du Maine lors d'audiences sur l'énergie. Photo : CBC/Zoom Par ailleurs, certains résidents du Maine qui dépendent d'Énergie NB ont les revenus les plus bas de l'État. À l'heure actuelle, quatre services publics du Maine étudient comment répercuter les coûts des tarifs douaniers américains et des contre-tarifs canadiens. Si Susan Holt ajoutait un nouveau tarif sur l’électricité, cela aggraverait la situation. La centrale nucléaire de Point Lepreau au Nouveau-Brunswick produit la majorité de l'électricité envoyée vers le nord du Maine. Photo : Énergie NB Une autre compagnie d’électricité, Versant Power, compte plus de 37 000 clients dans les communautés du nord d’Aroostook, comme Caribou, Presque Isle, Fort Kent et Van Buren. Mais l’approche sur l’électricité semble diviser. Les régions du Maine qui dépendent le plus de l’électricité néo-brunswickoise ont voté pour Donald Trump lors des dernières élections présidentielles. Au moment de son annonce la semaine dernière, Susan Holt a déclaré qu’elle souhaitait éviter de nuire aux Américains de l’autre côté de la frontière. Le lendemain, la première ministre a aussi précisé qu’elle ne voulait pas que le fardeau des tarifs repose sur Énergie NB, déjà criblé de dettes, et ultimement sur les factures des clients du Nouveau-Brunswick. Énergie NB n’a pas voulu préciser le coût de l'imposition de tels tarifs sur les exportations d’électricité. L'économiste Pierre-Marcel Desjardins se veut par ailleurs prudent dans ce dossier. « Il faut tout avoir sur la table, mais on doit mesurer à plus long terme les répercussions », a-t-il dit en entrevue mardi à l'émission La matinale. « Si on met de la pression, les Américains peuvent se détourner de l'allié canadien et trouver un plan B. » Le poste frontière à Madawaska au Maine Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé Quant à l’opposition officielle progressiste-conservatrice, elle considère que la réponse de Susan Holt est Le 4 mars, Susan Holt a déclaré que des mesures plus agressives sur l’électricité sont sur la table, et qu'elles pourraient être mises en œuvre à l’avenir. D’après un reportage de Jacques Poitras, de CBCNotre gouvernement utilise tous les outils à sa disposition pour protéger les travailleurs du Nouveau-Brunswick et notre économie
, avait déclaré Susan Holt la semaine dernière au moment de présenter son plan d'action en réponse aux tarifs de 25 % imposés par la Maison-Blanche sur la plupart des importations en provenance du Canada.
Un lourd fardeau financier
D'un point de vue électrique, le nord et l'est du Maine font partie du Canada et non du reste des États-Unis
, explique Bill Harwood, un ancien défenseur public qui a représenté les résidents de l'État lors d’audiences sur l'énergie. Ils sont intégrés au système du Nouveau-Brunswick et l’électricité provient du Nouveau-Brunswick
, ajoute-t-il.
Cela représenterait un fardeau financier écrasant pour beaucoup de ces clients
, note Bill Harwood. Selon lui, couper l'électricité dans le nord du Maine déclencherait « une crise internationale » qui nécessiterait une intervention politique. 
Beaucoup de choses restent floues
, souligne Greg Sherman, directeur général de Houlton Water Company, qui dessert 5500 clients à Houlton et dans ses environs.Nous restons à l'écoute pour plus de détails sur les changements potentiels de la politique fédérale
, a simplement indiqué la porte-parole, Tina Morrill.Une approche qui divise
Nos voisins du Maine sont nos amis, et nous voulons réfléchir sérieusement aux décisions qui pourraient nuire à certaines des personnes qui se sont déjà élevées contre les tarifs douaniers
, a-t-elle déclaré.
tiède
et que le gouvernement semble dépassé
.
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